Bonsoir Fred,
Merci de demander des nouvelles pour Marty. Nous avions deux pistes pour lui d'abord des policiers qui devaient le prendre pour le faire travailler, les tests ont été bons mais un des chefs a refusé. Une autre dame voulait bien le prendre mais nous avions des contraintes administatives il fallait qu'il soit d'abord identifié au nom de Mme Coutarel qui l'a enlevé à ses propriétaires qui le maltraitaient et voulaient le faire euthanasier.
Aujourd'hui j'ai l'impression que l'on repart à zéro pour lui. Voici une réponse en copier-coller de la dame Mme C. qui s'ocupe de MARTY le w-e et une grande partie de la semaine:
A tous ceux qui se mobilisent pour aider Marty
Voici chronologiquement ce qui s'est passé: Après sa 4ème morsure en décembre, toujours due à des erreurs de décodage relatives à une interprétation erronée de l'attitude des gens, Marty a encore échappé à l'euthanasie et ce, en grande partie parce que je m'en suis portée garante auprès des pouvoirs publics locaux (aucun accident n'étant survenu en ma présence) et grâce à l'intérêt que des maîtres-chiens de la région, lui ont témoigné. Ils l'ont alors testé avec succès au cours des vacances de Noël, mais ne l'ont finalement pas pris à cause de son passé. Le 13 janvier au soir, Mme H "La pépette Morvandelle" (désolée, mais je ne connais pas le site) me contacte pour m'expliquer ce qu'elle pourrait proposer à Marty et dès que j'en prends connaissance, c'est à dire le 15, en lui en accusant réception, je lui fais savoir que je répondrai "dès que possible" et non "quand j'en aurai le temps". Ce n'était pas par sous-estimation du courrier reçu, mais je manque encore plus de temps que d'argent et ne dispose pas d'internet chez moi. Réponse que je fis le 17 janvier et dont voici quelques extraits :
"... je remets très souvent mes connaissances en question et j'avais également un a priori envers les maîtres-chiens, jusqu'à ce que je rencontre ceux de Blois, qu'ils me fassent une démonstration avec des Malinois qui leur sont très attachés, affection que leurs "conducteurs" leur rendent bien. Marty y aurait appris à canaliser son agressivité en l'utilisant à bon escient, tout en bénéficiant de soins et d'attention adaptés, car sachant combien un chien leur coûte, ils y sont particulièrement bien soignés et absolument pas exploités. Ce qui m'intéressait en premier lieu, était que Marty y apprenne à décoder les attitudes des gens, car c'est bien ses erreurs d'interprétation qui sont à l'origine des accidents.
Depuis 4 mois que j'éduque Marty, ses phobies d'enfermement ont peu à peu disparu et il a appris, cela m'a parut très long (en fait gérer Marty et d'autres chiens psychologiquement fragiles, fût infernal), à cohabiter avec chiens, chats, chèvres, poules et chevaux et voir quel intérêt il pouvait en tirer : jeux avec les copains, sécurité, gîte, couvert, confiance et affection. Mais plus cela se passait bien à la ferme, plus cela allait mal à l'extérieur, car Marty commençait à me garder avec des démonstrations démesurées. De complète indifférence, il est passé à une attention exacerbée. Il a fallut cesser le dressage au Centre Cynophile, car il agressait les chiens et leurs maîtres. J'ai donc mis au point des rituels de sécurisation pour l'animal ( qu'elle que soit l'espèce) et de sécurité pour les autres. En apportant par étape, à leur cadre, les modifications nécessaires pour que chacun vivent la vie de son espèce, en bonne intelligence et de la façon la plus autonome possible. Autres conséquences de l'arrivée d'un animal perturbateur au sein d'un groupe, des problèmes de disponibilité au travail, finis la vie de famille, la pension chiens-chevaux et l'équilibre instauré antérieurement, mais je ne vous apprends rien.
A ce jour, Marty a assimilé les ordres basiques de l'éducation en famille, obéit fort bien et comprend très vite. Il n'en reste pas moins que le moindre incident peut réactiver ses pulsions agressives ainsi que son anxiété et qu'une vigilance de tous les instants reste indispensable. C'est pourquoi, je privilégie la piste locale pour une adoption, de façon à pouvoir transmettre à son nouveau propriétaire tout ce que j'ai appris en 4 mois d'observation. Marty est le 19ème chien dont je suis détentrice ou propriétaire, sans compter les Dogues Argentins ou Allemands et autres American Staffords que j'ai eus en pension et mon quatrième Malinois. Il ne suffit pas de connaître les chiens ou leur race, mais "ce" chien pour y arriver.
Marty vit en liberté à la ferme matin, midi, soir et plusieurs nuits par semaine, mais passe en voiture (309 aménagée) le temps où je travaille, par plage de 3 heures le plus souvent. Je suis en train d'étudier la possibilité, en attendant, de fermer une parcelle de 200 m2 attenante à la maison et disposant d'un chenil, pour éviter à Marty cette attente en voiture..."
J'ai encore eu droit à un coup de dent ce matin, en réaction à la frustration qu'éprouvait Marty pour ne pas avoir "puni" un âne qui brayait. Heureusement, une fois de plus mes escort-dogs ont détourné son attention, car eux sont très bien éduqués, mais d'autres chiens, par effet de meute, pourraient au contraire se mêler à l'attaque, d'où les accidents mortels qui jalonnent les faits divers.
Mme H, à travers son mail, confirmé par son livre, m'a semblé être une personne-ressource sur laquelle on peut compter. Mais elle est également seule pour s'occuper de ses animaux, est-ce bien raisonnable d'intégrer à son groupe canin, un chien-étranger dangereux et imprévisible ? D'autant plus qu'en accueillant Marty, il ne lui reste plus qu'une place pour sauver des chiens qu'elle contribuerait à faire adopter. Alors il ne s'agit pas d'être la nième roue d'un carrosse (en l'occurrence d'une charrette pour l'échafaud), mais de faire partie d'une chaîne aux maillons assez solides pour intervenir à n'importe quel rang, si l'urgence s'en fait sentir.
Pourquoi ne pas adopter Marty ? Par excès de responsabilisation, probablement. Etant seule pour m'occuper de mes protégés, notamment 12 chevaux dont certains à qui je sers d'auxiliaire de vie, en raison de leur âge ou leur pathologie, s'il m'arrivait quelque chose, leur sort sur cette terre serait rapidement et définitivement réglé. Enfin, l'urgence était il y a 4 mois, lorsque Mme Coutarel a recueilli ce chien, car s'il est vrai que plus le temps passe, plus Marty m'est attaché, mais plus il se normalise et a des chances de trouver un foyer. On m'a parlé de traumatisme de séparation, je ne pense pas que l'on soit à quelques semaines près et quand est-il des animaux que l'on met en pension en chenil, ils ne savent pas si leur maître reviendra ? Aussi, lorsque je prends un chien en pension, il est obligatoire que nous nous rencontrions 2 ou 3 fois au préalable, au cours de sorties avec mes chiens afin d'éviter lors de la garde, ce fameux traumatisme. L'idéal serait que cela se passe ainsi, pour Marty.
Encore merci à tous ceux qui s'intéressent à Marty et aux autres Marties.
Mme C.